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LA CHUTE DE FUKUYAMA – opéra

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Dans un aéroport-monde, une vieille pythie erre, couverte de débris de verre, transpercée d’acier. Elle est la voix des morts, des disparus, le corps des suppliciés et le corps des bourreaux. Elle raconte ce que les « oiseaux » de New York lui ont dit : tous ceux qui, ce matin-là, ont sauté des tours du World Trade Center. Aux « Arrivées », des journalistes attendent le professeur Fukuyama. Ils veulent savoir ce qu’il pense des attentats, de ceux qui ont frappé l’Amérique. Le professeur Fukuyama fuit, trébuche, improvise une conférence de presse. Il s’en prend à la naïveté de ceux qui ont cru en la paix. Dans une énumération de villes, le chœur de voyageurs se souvient du temps d’avant, lorsque le monde semblait voué à n’être plus qu’un monde, sans guerre, sans ennemi. Puis, une hôtesse demeurée seule, en escale à Istanbul, se rappelle du jour où son fils l’a appelée : « Maman, allume la télévision ! Allume la télévision ! » Les États-Unis ont été frappés au cœur. Tout est interrompu : le temps, la raison, la mémoire. Lorsque, sur les écrans des banques d’enregistrement, les visages des pilotes, Ziad Jarrah, Mohamed Atta, et les autres terroristes qui ont détourné les avions apparaissent, un jeune étudiant de Hambourg se souvient, lui, de ses années d’université. Sarhan, qui a grandi en Allemagne, fils d’un père égyptien, reconnaît ses camarades. Il évoque la difficulté de réconcilier ces images de démesure et les visages de ceux qu’il fréquentait à la mosquée Al Quds… C’est le temps de l’effroi qui commence, le temps de la démence et de la guerre.
Maman, allume la télévision ! Stell den Fernseher an ! »

(Dans la galerie video, vous pouvez voir les 5 premiers mouvements de l’opéra.)

 

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